Abidjan – EPP DJONIKRO, l’herbicide conduit à la fermeture d’une école insulaire

Une vue de la cours de l'école de

Une vue de la cours de l’école de

Yopougon, Ile Boulay, Epp dudit lieuL’endroit – comme ses plages privées, son air pur, sa végétation de cocotiers, sa fameuse baie dite des milliardaires, dont les immenses maisons cossues observables d’un bord des rives de la lagune Ebrié à un autre – donne une idée du statut de ceux qui y vivent tout en faisant rêver. Pourtant, dans une broussaille de cocotiers abandonnés, une clairière. On se croirait dans une aventure de Mister No, super héros de BD. Quatre bâtiments biens construits, à l’apparence, trahissent le décor de la plantation industrielle. Les deux premiers sont des salles de classes de l’insolite école insulaire. Ceux à l’entrée, où se trouve la pancarte annonçant l’activité qui s’y déroule, devraient servir de logements pour quatre (4) instituteurs. Mais à les observer de près, aucun enseignant, n’a depuis, l’ouverture – surement à cause de l’isolement – daigné déposer ses valises là. Le vide étant l’ennemi de la nature, la conséquence est dure ou pas à dire: plus de plafonds. Les portes, les fenêtres, le sanitaire, les câbles électriques ont disparu. Dieu seul sait, grâce à qui ?

Dans la cours, envahie d’herbes sauvages, se dressent un mat chancelant et deux acacias peinards  aux branches démesurées qui ombragent presque la moitié de l’immense cours mal entretenue. Les élèves devraient se réjouir de les avoir en ces temps de chaleurs suffocantes. Un tour dans les salles de classes béatement ouvertes impose à conclure que l’école est à l’abandon. Diantre quelle race d’instituteurs travaille dans ce décor irritant et pitoyable ? Ils devraient être ni tribuns, ni humains. Sadiques à la limite. Aucun de leurs enfants ne fréquenterait cette école. C’est sûr. La beauté du cadre scolaire, devrait disposer aux études. Mais là, c’est l’horreur, la saleté, la désolation.

Une salle de classe, à l'EPP Djonikro
Une salle de classe, à l’EPP Djonikro

Les classes sans portes sourient largement à tous les passants. Les tables bancs sont quasi inexistantes. Et pour les quelques unes qu’on pourrait compter, et qui ont la chance de meubler le triste décor des six (6) classes, gisent au fond, entassées, poussant à hué et à dia leurs râles derniers, comme si elles attendaient un menuisier pour les assembler, avant que des ménagères opportunistes ne les transforment en bois de chauffe. Le plafond, quant à lui a été arraché. Œuvre sans doute d’entrepreneurs véreux. Le sol est sans charme. Ici et là, des nids poussiéreux dignes de poules en période de ponte, rivalisent de laideur avec les trous dans les placards moisis qui, inlassablement attendent le jour de leur transfert dans les poubelles de l’arrière cours.

Enfin, le bureau, qui semble – d’après un écriteau, être celui du Directeur est dans un sale état. Il n’a jamais servit probablement. Ses placards muraux qu’on aperçoit d’une brèche de la fenêtre avant, faites de mauvais bois, sont totalement tombés sous les coups des incisives coriaces de termites. Le soir venu, des centaines de cafards ayant trouvé logis en cet endroit devenu lugubre et transformé en cuisine ou entrepôts de matériel de cuisine – d’après le grand nombre de marmites qui se laisse voir – font leur ballet idyllique. Le sieur directeur , n’a pas trouver mieux, que d’installer ses quartiers dans l’une des deux classes du second bâtiment au lieu d’affronter la réalité de l’aménagement de son espace de travail.

Des Bancs d'élèves Epp djonikro
Des Bancs d’élèves Epp djonikro

Un nouveau tour dans les salles de classes, permet d’observer que le  noir tableau affiche la date du 26 novembre comme date des derniers cours. Cette école serait-elle fermée en pleine année scolaire ? Pourquoi ? Des renseignements, pris, auprès d’un curieux passant, confirme nos soupçons. L’école est fermée à la demande des enseignants. En effet, un cultivateur des environs, pour avoir raison des herbes têtues de son petit champ de manioc, aurait pulvérisé un mélange nauséabond d’herbicide qui à mis à rude épreuve les narines des locataires des environs du fameux champ. Face donc à l’odeur et pour ne point mettre en danger la santé des enfants, les chers enseignants, tout irrités par l’acte du paysan, ont suspendu.

Les parents las de voir leurs enfants à la maison, ont entamé des négociations. Et si elles aboutissent à une reprise immédiate, l’école devrait recevoir la visite d’inspecteurs sanitaires, et/ou d’éducation pour donner une bonne leçon de civisme aux tenants des lieux. On ne pourrait admettre que l’éducation soit possible dans un environnement aussi hostile, à cause du manque d’entretien et de la simple volonté de bien tenir la chose publique.

En octobre 2013, Mme Kandia Camara, Ministre de l’Education nationale et de l’enseignement technique est ‘tombée en larme’ si on peu le dire, face à l’état très délabré de l’école primaire, Marché – Banco 2 de Yopougon. Cet établissement, présentait le visage d’un fumoir de bidonville, véritable repère des bandits invétérés et redoutés de Port Bouét2. L’Etat a immédiatement engagé des travaux titanesques de réfection. Toutes fois suffit-il si la bonne volonté de ceux qui y travaillent, n’est pas sollicitée pour l’entretien. Il suffit d’un peu de volonté, pour dissuader des vandales ou des paysans de commettre des actes  et forfaits condamnables. Car, nombreuses sont les écoles publiques de la capitale ivoirienne qui souffrent des mêmes maux.

NB Credit Photo : Badra

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